Elections allemandes : que proposent les différents partis sur les sujets concernant l'industrie automobile et les transports ? 1/2

Les élections législatives en Allemagne se sont déroulées le 22 septembre. Le parti CDU-CSU (Union chrétienne démocrate) a obtenu 41,5 % des voix et remporte donc 311 sièges au Bundestag sur 630. Ce score garantit à Angela Merkel un troisième mandat en tant que Chancelière. En effet, la seule possibilité pour éviter sa réélection serait que les partis SPD (parti social démocrate), Die Grüne (les Verts) et Die Linke (partie d’extrême-gauche) forment une coalition afin d’obtenir ensemble la majorité des sièges du Bundestag. Or, le SPD a exclu cette possibilité.

Toutefois, si sa réélection à la Chancellerie est garantie, Mme Merkel ne dispose pas encore de la majorité absolue au Bundestag et doit donc créer une coalition pour diriger le pays. Son précédent allier, le parti FDP (parti démocrate libéral), n’a pas obtenu les 5 % requis pour obtenir des sièges au Bundestag et le CDU-CSU doit donc obtenir au minimum 5 sièges supplémentaires pour atteindre la majorité absolue. Le parti de Mme Merkel peut donc envisager une coalition avec le SPD ou Die Grüne (une alliance avec Die Linke étant très improbable).

Lors de la précédente élection, il aura fallu plus de 2 mois pour que la Chancelière forme sa coalition. En attendant que cette coalition soit définie et que les partis d’opposition se mettent en place, voici un bilan des positions des différents partis allemands sur les questions concernant l’industrie et les transports automobiles.

A propos du péage autoroutier pour les voitures (il n’est pour l’instant appliqué qu’aux camions en Allemagne), l’ensemble des partis s’y opposent, avec des nuances. En effet, le SPD estime que la mise en place d’un péage pour les voitures particulières serait une mesure injuste pour les automobilistes contraints de prendre l’autoroute quotidiennement pour se rendre à leur travail. La CDU-CSU considère de son côté qu’un péage autoroutier appliqué uniquement aux voitures immatriculées hors d’Allemagne pourrait être envisageable.

Sur la question du prix des carburants, CDU-CSU et FDP appellent à plus de transparence et se félicitent de la mise en place d’un comparateur des prix listant l’offre des stations service du pays (cf. revue de presse du 13/9/13). Le SPD estime pour sa part qu’il est nécessaire de réduire la consommation des véhicules et d’encourager les innovations dans le domaine des véhicules verts afin que le prix des carburants ne soit plus un problème pour les usagers. Le parti Die Linke considère quant à lui que le comparateur mis en place par le gouvernement ne va pas contribuer à une baisse des tarifs et souhaite donc soumettre une loi visant à imposer aux entreprises pétrolières de limiter leurs prix. Quant aux Verts (Die Grüne), ils jugent essentiel de réussir à n’immatriculer que des voitures émettant au maximum 3 litres de carburant aux 100 km d’ici à 2020, afin de réduire non seulement les émissions de CO2, mais aussi l’impact d’une hausse des prix des carburants sur le budget des automobilistes.

Concernant l’état des routes allemandes (un point sur lequel bon nombre d’Allemands se montrent critiques ; voir le zoom éco des 10 et 13/6/13), la CDU-CS promet 25 milliards d’euros d’investissement sur l’ensemble du prochain mandat, tandis que le SPD souhaite une augmentation de 20 % du budget alloué à l’entretien des routes. Le FDP ainsi que Die Linke estime que les travaux déjà en cours seront suffisants. Enfin, Die Grüne veut augmenter le budget fixé par le gouvernement actuel d’un milliard d’euros.

Cindy Lavrut