Deux stations-service au GNL viennent d'ouvrir en France

Deux stations-service distribuant du GNL viennent d'ouvrir en France, donnant le coup d'envoi à un nouveau marché prometteur. Le groupe espagnol Gas Natural Fenosa a mis en service une station à Castets, dans les Landes, pour le transporteur Mendy, qui s'est doté d'une flotte de 11 camions pour desservir les magasins d'Intermarché dans le Sud-Ouest du pays. De même, la PME spécialisée Axègaz vient d'inaugurer une station pour les transports Jacky Perrenot à Saint-Quentin-Fallavier, dans l'Isère, qui gérera une flotte de 10 camions pour le groupe Casino.

Alors que le gaz naturel est déjà utilisé comme carburant en France sous une forme comprimée, il arrive dans les réservoirs sous sa forme liquide. « Il présente les avantages du gaz naturel qui, par rapport à un moteur diesel, réduit de 90 % l'émission de particules et de 70 % celle d'oxydes d'azote », explique Angélique Michel, directrice générale adjointe de GNVert, la filiale spécialisée de GDF Suez en France. Il est aussi deux fois plus silencieux, ce qui autorise les livraisons en ville la nuit. L'avantage de la forme liquide (à - 160 C°) est qu'elle prend deux fois moins de place que le gaz comprimé. « L'autonomie des véhicules pourra atteindre jusqu'à 1 400 kilomètres », indique Joaquin Mendiluce, directeur général de Gas Natural Europe.

Déjà largement développé aux Etats-Unis, le GNL carburant est arrivé en Europe il y a quelques années (Grande-Bretagne, Pays-Bas, Espagne, etc.). « On attendait la transposition en France de la réglementation internationale de novembre 2013 sur l'homologation des réservoirs : c'est chose faite depuis juin », souligne Alfonso Morriello, président de Axègaz.

Les constructeurs arrivent sur le marché : le premier, Iveco, a fourni les transporteurs Mendy et Perrenot ; il devrait être suivi par Renault Trucks et Scania. Enfin, les premières stations-service au GNL publiques devraient voir le jour l'an prochain. GNVert prévoit d'en ouvrir trois d'ici à mai 2015. « Nous sommes engagés dans le programme européen Blue Corridors, qui vise à mailler le continent d'un réseau GNL », annonce Angélique Michel.

Le développement des infrastructures sera essentiel. D’après SIA Partners, le GNL est économiquement plus intéressant que le gazole : les camions sont 30 à 40 % plus chers, mais le prix compétitif du GNL à la pompe permet un retour sur investissement sur 5 ans dès 50 000 km d'utilisation par an. « Les plus optimistes estiment que jusqu'à 20 % de la flotte pourraient rouler au GNL d'ici à 2025 », indique SIA Partners dans une étude. (ECHOS 26/9/14)

Alexandra Frutos