Des industriels testent un système d'infrastructure de recharge innovant pour les V.E.

Un groupement d'industriels français, parmi lesquels Renault, Bouygues et Alstom, ont présenté le 18 septembre le programme Eco2charge, qui vise à accélérer le déploiement des infrastructures de recharge des véhicules électriques intégrées aux bâtiments, campus ou écoquartiers. Le système qu'ils ont mis en place repose sur le pilotage intelligent en temps réel, à la fois de la recharge des véhicules en fonction des besoins des conducteurs, de la quantité d'électricité disponible via le réseau traditionnel ou des panneaux photovoltaïques sur le site, du stockage du courant grâce à des batteries installées sur place et des besoins en électricité du bâtiment pour ces usages traditionnels (climatisation, chauffage, éclairage, etc.).

Ce pilotage intelligent permettra de limiter la sollicitation du réseau électrique pour fournir la puissance nécessaire à la recharge des voitures, un des problèmes majeurs aujourd'hui pour le développement de la mobilité verte. L'objectif est double, a expliqué Servan Lacire, directeur Innovation et technologies chez Bouygues énergies et services : « instaurer la confiance de l'usager sur la capacité à recharger son véhicule [...] et limiter les coûts d'investissement et de possession de l'infrastructure » de recharge.

Les industriels associés au projet l'expérimentent depuis plusieurs mois sur deux sites, le Technocentre Renault et le siège social de Bouygues Construction près de Saint-Quentin-en-Yvelines. Les premiers retours sur l'équilibre du système sont jugés positifs.

Pour les automobilistes qui le testent, le mécanisme est simple : ils réservent en amont un emplacement sur le parking de recharge et indiquent leur heure de départ et la quantité d'électricité dont ils auront besoin. Le logiciel de pilotage qui collecte toutes les informations émises par les conducteurs, le bâtiment, le réseau électrique et le système de stockage, est capable d'étaler la recharge des véhicules dans le temps pour satisfaire toutes les demandes.

Le stockage de l'électricité s'effectue grâce à la réutilisation de batteries automobiles dites « de seconde vie », qui ne sont plus optimales pour un usage dans les voitures mais qui conservent une capacité de stockage de courant.

Ce projet d'un montant de 13,2 millions d'euros, lancé en 2013 avec une part de financement public via le Programme d'investissements d'avenir, doit se déployer sur le plan commercial à partir de 2016, à la fois en France et à l'étranger. Il regroupe six entreprises (Renault, Bouygues, Alstom Grid, Nexans, Actility et Embix), ainsi que l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et le CEA (Commissariat à l'énergie atomique). (AFP 18/9/14)

Alexandra Frutos