Constructeurs et équipementiers réfléchissent au développement d’une filière fibre de carbone française

Dans le cadre des Ateliers de la Filière Automobile, organisés les 2 et 3 octobre par la PFA (Plateforme de la Filière Automobile), constructeurs et équipementiers ont conclu que le carbone présentait, sous certaines conditions, la meilleure équation coût et allégement du véhicule. Ils évalueront prochainement l’opportunité de développer une filière fibre de carbone française.

Au sein de la PFA, le Conseil de la Recherche Automobile (CRA) a pour mission de faire gagner la filière automobile française en compétitivité par l’innovation. Constructeurs et équipementiers définissent ensemble des axes de recherche collaborative dont les bénéfices doivent bénéficier à tous. Dans cet esprit, le CRA a notamment effectué une étude sur les matériaux visant à alléger les véhicules. Le CRA a analysé pour cinq grandes familles de matériaux (acier, composites, magnésium, aluminium et carbone), le coût du kilo gagné pour chacune d’entre elles. D’après les premiers résultats de cette étude, il apparaît que la fibre de carbone, qui peut faire gagner jusque 60 % de masse par rapport à l’acier, présente la solution la plus compétitive à moyen terme. « Notre objectif à long terme est que chaque kilo gagné ne coûte que 2 euros, contre 25 à 30 euros aujourd’hui. Mais avec un carbone low-cost, nous pourrions tangenter les 5 euros le kilo gagné », explique Christophe Aufrère, vice-président Technology Strategy de Faurecia, chargé de documenter le dossier allègement au sein du CRA.

Les filières automobiles allemande, coréenne, américaine, japonaise et chinoise travaillent toutes sur le développement du carbone et organisent leur propre filière carbone (pour une production annuelle de 60 000 tonnes pour le moment). « Nous réfléchissons par conséquent à la création d’une filière de fibre de carbone en France comprenant la production de matière première », indique M. Aufrère, ajoutant que « la décision sera tranchée en début d’année prochaine ».

Mais la constitution d’une telle filière suppose qu’elle remplisse trois conditions : qu’elle permette effectivement de gagner 60 % de masse par rapport à l’acier, qu’elle propose un carbone à bas coûts et qu’elle offre un design optimisé. L'allègement est en tout cas un levier clé pour atteindre l'objectif de consommation de 2l/100km ou 50 g de CO2/km puisque réduire la masse de 10 kg permet de gagner 1 g de CO2/km. (AUTOACTU.COM 4/10/13)

Alexandra Frutos