Comment la crise budgétaire aux Etats-Unis a affecté l'industrie automobile

Républicains et démocrates ont conclu le 16 octobre un compromis qui a mis fin au blocage budgétaire qui durait depuis le début du mois et qui a écarté in extremis le risque d’un défaut de paiement des Etats-Unis. Le texte de loi, signé par le Président Obama, permet au Trésor de continuer à emprunter jusqu’au 7 février 2014, finance le gouvernement fédéral jusqu’au 15 janvier prochain et impose la création d’une commission composée d’élus de la Chambre des représentants et du Congrès pour négocier un budget pour la fin de l’année 2014. Le compromis a été accueilli avec soulagement dans le monde, mais les problèmes risquent de resurgir dans quelques mois.

Le 18ème blocage de l’administration américaine depuis 1976, intervenu faute d'accord sur le budget pour l’exercice 2014 débutant le 1er octobre, aura fermé certaines administrations et services fédéraux et mis au mis au chômage technique des centaines de milliers de fonctionnaires. L’agence de notation américaine Standard & Poor?s en a évalué le coût à 24 milliards de dollars et a estimé qu’il ôterait 0,6 point de croissance à l’économie américaine au quatrième trimestre.

La crise budgétaire a eu des répercussions sur l’industrie automobile aux Etats-Unis. Elle a affecté les activités de la NHTSA, l’agence en charge de la sécurité routière, et celles de l’EPA, l’agence de protection de l’environnement. La première a suspendu ses activités relatives à la sécurité des véhicules (essais de chocs, traitement des plaintes d’automobilistes, rappels’), tandis que la seconde n’a pas par exemple pu vérifier et valider les niveaux de consommation de carburant des nouveaux véhicules. Plusieurs constructeurs, parmi lesquels Hyundai, Toyota et Nissan, ont proposé de suspendre temporairement le remboursement des prêts contractés par les employés fédéraux pour acheter leurs véhicules. Concernant l’impact sur les ventes de véhicules en octobre et sur le reste de l’année, les avis divergent. Les experts avaient initialement prédit que la paralysie du gouvernement fédéral n’aurait pas d’impact important sur l’industrie automobile, à moins qu’elle ne se prolonge. Or, la crise a duré seize jours, la durée la plus longue depuis 1996. Selon un sondage réalisé sur internet par Kelly Blue, 18 % des personnes qui envisageaient d’acheter une voiture neuve dans les six mois comptaient attendre que les questions du budget fédéral et du plafond de la dette soient résolues pour réaliser leur projet. Certains constructeurs estimaient à la mi-octobre que le blocage de l’administration américaine aura affecté négativement les ventes au mois d’octobre. Le patron de Hyundai aux Etats-Unis a indiqué que le marché automobile américain pourrait accuser une baisse de 5 % à 10 % par rapport au mois de septembre. General Motors a estimé que la crise avait entamé la confiance des acheteurs, mais qu’il était trop tôt en évaluer pleinement l’impact. De son coté, Ford n’avait « pas observé de baisse qui puisse être directement attribuée à la crise budgétaire » et jugeait que l’industrie était bien partie pour vendre plus de 15,5 millions de véhicules cette année. Chrysler n’avait quant à lui quasiment décelé aucun impact sur les ventes au mois d’octobre, en dehors de la région de Washington, et était confiant que les ventes des constructeurs dans leur ensemble, et celles de Chrysler en particulier, soient supérieures à celles d’octobre 2012.

Frédérique Payneau