Comment Mary Barra a transformé General Motors (1/2)

Mary Barra n’est aux commandes de General Motors que depuis trois ans et demi, mais l’entreprise qu’elle dirige aujourd’hui est bien différente de celle dont elle a hérité : elle est plus déterminée, plus efficace, plus réactive et plus responsable.Mme Barra et une équipe, qui associe des anciens et des nouveaux venus sélectionnés avec soin, façonnent une compagnie qui est plus que jamais à l’écoute de ses clients et axée sur la rentabilité.« On a jamais vu quelqu’un diriger GM comme ça. Elle brise toutes les règles », constate Rebecca Lindland, analyste chez KBB.com. « Avant, chez GM, ce qui comptait c’était le volume et la part de marché. Aujourd’hui, s’ils n’entrevoient pas de possibilité d’être rentable et en tête, ils jettent l’éponge. L’objectif est de vendre moins de véhicules et d’être plus rentable. C’est un nouveau GM », indique Michelle Krebs, d’Autotrader. « GM redéfinit ce qu’est la compétitivité », note Maryann Keller, du cabinet Maryann Keller & Associates.Parmi les temps forts depuis que Mme Barra a pris la direction de General Motors, il y a la façon dont l’entreprise a géré la crise des commutateurs d’allumage défectueux ; son offensive dans les nouvelles technologies et les nouvelles activités qui émergent ; l’arrêt d’activités déficitaires en Russie, en Australie, en Inde et en Afrique du Sud ; l'annonce de la vente de la filiale européenne au groupe PSA et le fait de placer le client au c’ur des décisions en matière de développement et de production. General Motors a passé ses activités au crible pour identifier où se situent ses points forts, explique Mme Barra. Cette analyse a conduit le constructeur américain à se séparer de filiales non rentables dans le monde, même si cela impliquait de renoncer à reconquérir le statut de premier constructeur mondial d’automobiles. GM a occupé ce rang pendant des décennies, mais en cessant de produire en Europe, il se retire de fait de la course avec Toyota et Volkswagen pour la première place. « Le plus gros ne signifie pas le meilleur », relativise Mme Barra.

Frédérique Payneau