Comment Barack Obama a tracé la voie de l'industrie automobile américaine (2/2)

Les nouvelles normes de consommation de carburant, combinées au durcissement des réglementations dans d’autres régions du monde, ont entraîné une hausse des investissements de R&D qui a ouvert la voie à une ère d’innovation dans les motorisations et les matériaux légers. Selon l’EPA, près de la moitié de la flotte de véhicules de l’année-modèle 2015 utilisait des moteurs à injection directe, contre 2 % seulement en 2008. La part des boîtes de vitesses à six rapports était passée sur cette période de 19 % à 57 %, et celle des boites à sept vitesses et plus de 2 % à 17 %. En outre, les constructeurs proposent désormais douze véhicules électriques et treize hybrides rechargeables, indique l’agence américaine.Une grande partie des investissements réalisés n’aurait pas été possible sans le sauvetage, sous la houlette du gouvernement, de General Motors et Chrysler, qui a non seulement relancé les deux constructeurs mais aussi maintenu une chaîne d’approvisionnement qui fournissait l’ensemble de l’industrie. La restructuration des deux entreprises en 2009, dans le cadre du régime des faillites, ne s’est pas faite sans douleur : leurs effectifs ont fondu, des marques ont été supprimées, des usines et des concessions ont été fermées et l'Etat est entré dans leur capital.L’industrie automobile américaine a été confrontée à d’autres crises après 2009, qui ont ouvert la voie à d’autres interventions du gouvernement. Des problèmes de sécurité chez Toyota, General Motors et Takata ont renforcé la NHTSA, l’agence en charge de la sécurité routière. La surveillance par cette autorité des activités de General Motors en matière de sécurité, à la suite du scandale des commutateurs d’allumage défectueux en 2014, a créé un précédent. Sous la direction de Mark Rosekind - qui avait promis lors de sa prise de fonction en décembre 2014 de veiller à ce que l’industrie et l'agence se donnent les moyens d’éviter des crises plutôt que de les gérer -, la NHTSA a poursuivi dans cette voie, en convoquant FCA à une audition publique pour s'expliquer sur des rappels et en prenant le contrôle de la complexe affaire des coussins gonflables Takata pour planifier des rappels et coordonner la distribution de pièces de remplacement.Le ministère des Transports a adopté une attitude similaire dans son approche sur les véhicules autonomes. Il voudrait que les constructeurs communiquent des informations sur leurs voitures autonomes et leurs systèmes de conduite autonome avant qu’ils ne soient commercialisés, ce qui marque un tournant dans la façon dont la sécurité routière a jusqu'ici été réglementée.

Frédérique Payneau