Chine et Brésil signent un accord monétaires pour faciliter leurs échanges commerciaux

Les gouvernements chinois et brésilien ont signé le 26 mars un accord portant sur des échanges dans leurs devises respectives, en marge du sommet annuel des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).

Les banques centrales du Brésil et de Chine se sont engagées à mettre à la disposition de l'autre une somme similaire, dans leur propre devise, qui sera débloquée en cas de crise de crédit dans l'un des deux pays. L'échange entre ces devises sera alors réalisé indépendamment des conditions financières du marché international, et sans passer par le dollar.

En outre, le Brésil paiera directement ses biens importés depuis la Chine en reals, tandis que la Chine paiera ses biens importés depuis le Brésil directement en yuans.

Cet accord sur le « swap de devises » porte sur un montant d'environ 23 milliards d'euros par an (190 milliards de yuans et 60 milliards de reals brésiliens), et portera sur les trois prochaines années. Il pourra être reconduit à l'avenir.

Cet accord reflète la volonté commune de Pékin et de Brasilia de s'affranchir de l'influence des Etats-Unis et de l'Europe, qui ont longtemps dominés les flux commerciaux mondiaux, en créant créant un réseau de solidarités afin de construire une architecture financière moins dépendante des pays développés. Il illustre également la volonté du gouvernement chinois d'internationaliser sa propre devise, le yuan.

« Notre intérêt n'est pas d'établir de nouvelles relations avec la Chine mais de développer des relations susceptibles d'être utilisées en cas de turbulences sur les marchés financiers », a déclaré le gouverneur de la banque centrale brésilienne, Alexandre Tombini.

Cet accord - qui pourrait s'appliquer dès le second semestre de 2013 - devrait faciliter les échanges commerciaux entre les deux pays. En 2012, ils ont représenté un montant d'environ 58 milliards d'euros (tous secteurs confondus).

Or, le Brésil est un important marché automobile, sur lequel veulent s'implanter les constructeurs chinois, qui cherchent à augmenter leurs exportations.

En effet, le marché brésilien a augmenté de 6,1 % en 2012, à 3,634 millions d'unités, et devrait croître encore en 2013. Le Brésil se place ainsi à la quatrième place des marchés mondiaux, derrière les Etats-Unis, la Chine et le Japon. Les constructeurs chinois ont toutefois vu leurs exportations vers le Brésil diminuer en 2012, en raison d'une hausse des taxes sur les véhicules avec moins de 65 % de contenu local.

Cindy Lavrut