Ces marques qui décident de se retirer du marché européen (2/2)

De son côté, Sergio Marchionne, administrateur délégué de Fiat, a indiqué que la marque Lancia pourrait être réservée au marché italien à l’avenir, sans donner de précisions. Actuellement, Lancia réalise en Italie 80 % de ses ventes en Europe. Le dirigeant a par ailleurs fait savoir qu’Alfa Romeo serait au centre de la stratégie de relance de Fiat. « Le véritable défi est d’utiliser l’ensemble du réseau industriel pour accompagner le renouveau d’Alfa », a-t-il expliqué. En ce qui concerne l’avenir de Lancia, des décisions devraient être annoncées au mois de mai.

Affaibli par plusieurs années de crise économique, le marché européen semble plus exigeant que jamais et les constructeurs les moins solides ont du mal à relever le défi d’un marché hétérogène et fragmenté, où se côtoient véhicules diesel et à essence, pays froids et chauds, nations privilégiant les transmissions automatiques et d’autres préférant les boîtes de vitesse manuelles, conduite à gauche et conduite à droite, fiscalités environnementales divergeant d’un pays à l’autre, etc. Toutes ces disparités entraînent des efforts financiers considérables, explique Jérôme Stoll, directeur général délégué à la performance de Renault.

Les industriels sont toutefois prudents, les retraits de marques ne concernant que les griffes les plus faibles de groupes restant en Europe (Opel pour General Motors, Fiat, Toyota, etc.). Le maintien des Japonais Mitsubishi, Honda ou Suzuki, malgré des volumes de ventes de plus en plus faibles, rappelle l’importance pour les constructeurs d’être présents sur le marché européen, aussi exigeant soit-il. Le coût d’un retrait ? entre 700 millions et 1 milliard de dollars pour GM avec Chevrolet - n’est par ailleurs pas négligeable et incite à la réflexion.

Alexandra Frutos