Ces marques qui décident de se retirer du marché européen (1/2)

Plusieurs marques ont annoncé leur retrait du marché européen au cours des derniers mois. Ce phénomène est révélateur des bouleversements profonds que subit le marché européen ces dernières années, marché qui était jusqu’à récemment le seul au monde où toutes les marques étaient présentes, se livrant une concurrence acharnée. Dans le segment du luxe, pourtant relativement préservé, Mercedes a tout simplement mis fin à sa production de Maybach en 2012, faute de rentabilité suffisante. Sur un segment très différent, le Japonais Toyota a renoncé à sa marque Daihatsu l’an dernier, incapable de rentabiliser sa marque à faibles volumes sur le Vieux continent. La prochaine arrivée des normes d’émissions Euro-6, représentant un coût bien trop élevé pour un petit constructeur, n’a fait que conforter cette décision.

Du côté des généralistes, General Motors a quant à lui annoncé en décembre dernier qu’il retirerait sa marque Chevrolet du marché européen à la fin de 2015. Certains modèles emblématiques, comme la Corvette, continueront à être commercialisés et la marque Chevrolet conservera toute fois une forte présence en Russie et sur les marchés de la Communauté des Etats Indépendants (CEI). Sur le Vieux continent, General Motors recentrera sa stratégie sur ses marques européennes Opel et Vauxhall. Il renforcera également sa marque de haut de gamme Cadillac dans cette région. « L’Europe est une région clé pour GM, qui bénéficiera de marques Opel et Vauxhall plus fortes et d’un renforcement de Cadillac », a expliqué Dan Akerson, président du constructeur. Retirer Chevrolet d’Europe « nous aidera à accélérer nos progrès dans la région », a ajouté Steve Girsky, vice-président de GM. General Motors avait relancé Chevrolet en Europe en 2005. Alors que sa première marque vend plus de 4,5 millions de véhicules par an dans le monde, ses ventes sur le marché européen sont restées modestes, à 200 000 unités par an environ. 152 260 Chevrolet ont été vendues en Europe sur les dix premiers mois de 2013 (- 17 %), correspondant à une part de marché de « seulement » 1,2 %.

Alexandra Frutos