Certains véhicules diesel consomment moins que des modèles hybrides

La technologie diesel est vue comme un moyen d'atteindre l'objectif d'émissions de 95 grammes de CO2 en 2021, en attendant que le marché de l'hybride et de l'électrique arrive à maturité. « Nous ne sommes pas chagrinés par cette limite. Simplement, il ne faut pas dire au milieu de la trajectoire que le diesel ne compte pas », déclarait en mars Carlos Tavares, le président de PSA Peugeot Citroën, en réaction au discours anti-diesel ambiant. Son homologue de Fiat-Chrysler, Sergio Marchionne, prévenait au même moment que, si l'interdiction du diesel devenait la norme, « ce ne [serait] pas gratuit », manière de signaler que le diesel reste pour l'instant la technologie affichant le meilleur rapport entre le coût et la réduction de la consommation.

D'année en année, les moteurs thermiques améliorent leur consommation, ce qui n'est pas toujours le cas de l'hybride. Comme les moteurs diesel continuent d'émettre moins de CO2 que ceux à essence, ils restent pour les constructeurs un levier clé pour tenir les objectifs européens d'émissions. D’après des données de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) à paraître la semaine prochaine, près de 30 % des véhicules diesel vendus en 2014 en France émettaient moins de 100 grammes de CO2 au kilomètre, contre moins de 2 % en 2010. La proportion des véhicules diesel émettant moins de 140 grammes dépasse maintenant les 90 % pour 2014.
La principale explication réside dans le renouvellement de l'offre de moteurs thermiques chez les constructeurs. Au gré des changements de normes et des lancements de nouveaux modèles, les émissions sont régulièrement abaissées, que ce soit pour le diesel ou pour l'essence. Par exemple, sept modèles diesel émettant autour de 80 grammes de CO2 ont été lancés en 2014 (la Peugeot 308, trois chez Citroën, deux versions de la Fiesta chez Ford, et la Polo). Ce qui se traduit directement dans les classements de l'Ademe. D'après l'agence, les 10 premières valeurs d'émissions pour le diesel se situent entre 79 et 93 g/km en 2015, contre une fourchette de 88 à 110 g/km en 2010.

Dans le même temps, les émissions des véhicules hybrides ont peu bougé, et se situent toujours cette année entre 75 et 95 g/km. Les véhicules tels que la Toyota Prius n'ont pas beaucoup fait évoluer leurs motorisations, si bien qu'aujourd'hui, on peut trouver sur le marché des véhicules diesel émettant moins de CO2 que des voitures hybrides. A titre d'exemple, la Toyota Auris hybride consomme plus que la Peugeot 308 équipée d'un moteur de 120 ch et d'une boîte de vitesses manuelle. (ECHOS 18/6/15)

Alexandra Frutos