Ce que les Etats-Unis veulent obtenir lors de la renégociation de l'Aléna (2/2)

Le document publié par les Etats-Unis note que « l’Amérique qui existait avant la signature de l’Aléna n’est pas l’Amérique que nous connaissons aujourd’hui ». Tout en reconnaissant que l’accord de libre-échange nord-américain a contribué à unir le continent et profité à certains Américains, il souligne que depuis son entrée en vigueur en 1994, les déficits commerciaux ont explosé, des milliers d’usines ont fermé et des millions d’Américains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs compétences. « Trop d’Américains ont souffert des fermetures d’usines, des emplois délocalisés à l’étranger et des promesses politiques non tenues. Sous la direction du Président Trump, nous allons négocier un accord juste », a assuré M. Lighthizer. La loi américaine exige que le gouvernement américain publie une liste de ses objectifs au moins 30 jours avant d’entamer des négociations en matière de libre-échange. Les pourparlers sur la renégociation de l’Aléna débuteront le 16 août. Les législateurs devront être consultés tout au long du processus de négociation et seront appelés à se prononcer sur un nouvel accord. M. Lighthizer a rappelé que le gouvernement américain avait déjà lancé des consultations publiques, et qu’il avait reçu « 12 000 réponses » et entendu « 140 témoins ».L’annonce des objectifs des Etats-Unis pour la renégociation de l’Aléna a coïncidé avec la semaine du « {Made in America} ». Lors d’un événement organisé à cette occasion le 17 juillet à la Maison Blanche pour célébrer les produits américains, M. Trump a fustigé les accords commerciaux et les pratiques commerciales qui ont pénalisé les entreprises américaines et promis de prendre de nouvelles mesures juridiques et réglementaires au cours des six prochains mois pour protéger les fabricants américains. « Nous ne permettrons plus que d’autres pays enfreignent les règles, volent nos emplois et pillent notre richesse », a-t-il promis aux entrepreneurs qui avaient été invités à Washington.

Frédérique Payneau