Ce que les Etats-Unis veulent obtenir lors de la renégociation de l'Aléna (1/2)

Les Etats-Unis ont dévoilé cette semaine leur stratégie pour la renégociation de l’Aléna, l’accord de libre-échange nord-américain, voulue par le président américain Donald Trump. Lors de la campagne électorale, M. Trump avait multiplié les attaques contre cet accord qu’il avait qualifié de « pire accord » de l’histoire.L’Aléna a été conclu entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique en 1994. Il a développé les échanges entre les trois pays, qui ont dépassé 1 000 milliards de dollars en 2015, mais les Etats-Unis ont accusé l’an dernier un déficit commercial de 64 milliards de dollars avec le Mexique et de 11 milliards avec le Canada.Réduire ces déficits sera la priorité numéro un des Etats-Unis. Dans un document de dix-sept pages rendu public le 17 juillet, le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer indique qu’il cherchera à réduire le déséquilibre commercial en améliorant l’accès des produits américains aux marchés mexicain et canadien. Parmi les autres priorités listées dans le document, figurent une clause sur la manipulation des devises, la révision du système de règlement des litiges, l’introduction d’un chapitre sur l’économie numérique, une révision des normes sociales et environnementales, la question des barrières non tarifaires qui limitent les exportations des Etats-Unis au Canada et au Mexique ainsi que le réexamen des règles d’origine des produits. Concernant ce dernier point, les Etats-Unis ont indiqué qu’ils voulaient amender et renforcer les règles d'origine afin de garantir que les avantages de l’accord de libre-échange ne profitent pas à d'autres pays, et assurer que les règles d’origine incitent à s’approvisionner en produits américains et nord-américains.Aujourd’hui, les véhicules doivent afficher un contenu nord-américain d’au moins 62,5 % pour être exemptés de droits de douane aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique. Le seuil pour les pièces automobiles est fixé à 60 %. Le secteur automobile n’est pas spécifiquement cité dans la liste des objectifs publiée par le gouvernement américain. Le document mentionne « les agriculteurs, les éleveurs, les fournisseurs de services et d’autres activités » et promet « d’accroître leurs exportations et de ramener la prospérité aux Etats-Unis ».

Frédérique Payneau