Carlos Tavares évoque les objectifs de PSA Peugeot Citroën

Dans un entretien accordé au JOURNAL DU DIMANCHE (28/9/14), le président de PSA Peugeot Citroën Carlos Tavares explique que le redressement du groupe sera achevé quand la « marge opérationnelle atteindra 2 % et le cash flow opérationnel 2 milliards d’euros accumulés sur trois ans ». « La dette sera alors tombée à zéro. Notre cible de marge opérationnelle est de 5 % sur la période du prochain plan », souligne-t-il.

Evoquant la possible hausse de 2 centimes par litre du tarif du gazole, M. Tavares explique que ce serait « une mauvaise nouvelle pour le consommateur » et que cela « frapperait indifféremment les anciens et les nouveaux modèles, ce qui est injuste, les diesel modernes étant extrêmement propres. De plus, les constructeurs français maîtrisent bien cette technologie, PSA en est un expert. Ce serait les pénaliser ». Il souligne que le coût de la dernière norme européenne pour les émissions de CO2, qui vient d’entrer en vigueur, est de plusieurs centaines d’euros par voiture, « dans un marché qui ne peut absorber de forte augmentation des prix ».

A l’avenir, M. Tavares prévoit que « le marché va se polariser : l’électrique pour les déplacements du quotidien du type domicile-travail, et l’hybride diesel ou essence pour les usages plus familiaux centrés sur les week-ends et les vacances ». « PSA dispose des deux technologies, et même de l’hybride diesel et essence », souligne-t-il.

Enfin, M. Tavares insiste sur le fait que PSA doit rester concentré sur son redressement. Il remarque que dans les dix premiers constructeurs mondiaux, « il y a un constructeur japonais, Honda, de la même taille que [PSA], qui fait des profits récurrents et vit très bien tout seul ». « Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas d’ambition, mais l’argument de la taille est limitatif », déclare-t-il.

Alexandra Frutos