Carlos Tavares évoque la dynamique de redressement enclenchée chez PSA

Dans un entretien accordé au FIGARO (13/7/14), le président de PSA Peugeot Citroën Carlos Tavares explique que le marché automobile européen est toujours en crise et qu’il le restera tant qu'il n'aura pas retrouvé un niveau de ventes de 16 millions de voitures, dont deux millions pour la France.

Concernant PSA, Carlos Tavares indique que l’entreprise « est en crise, et le restera tant qu'elle n'aura pas achevé son redressement économique », mais qu’elle n’est « plus aujourd’hui en situation de crise émotionnelle ». Il rappelle avoir fixé deux grands objectifs à atteindre au plus tard en 2016. D'une part, la marge opérationnelle du groupe, qui est négative aujourd'hui, doit redevenir positive à hauteur de 2 %. D'autre part, PSA doit réussir à aligner trois années successives de cash-flow positif, à hauteur de 2 milliards d'euros. Ces deux exigences permettront automatiquement d'atteindre un troisième objectif : ramener la dette à zéro. « Lorsque ces critères seront atteints, alors là, oui, nous pourrons déclarer très officiellement et avec un très large sourire que la crise est terminée et que PSA peut passer à l'étape suivante », ajoute-t-il.
En France, les immatriculations ont augmenté de 3,2 % en juin et de 2,9 % au premier semestre d’après le CCFA, qui table sur une hausse d'environ 2 % sur l’ensemble de 2014, soit environ 1,8 million de voitures vendues. « La courbe a simplement changé de sens. C'est une réaction humaine que d'y voir une victoire, mais nous en sommes très loin », estime toutefois M. Tavares, qui s’avoue par ailleurs « assez inquiet du désamour pour l’automobile en Europe ». « On l’accable de fardeaux qu’elle ne devrait pas avoir à porter. [?] Elle fait des progrès considérables dans la réduction des émissions de CO2 et peut encore en faire énormément, pour peu qu’on l’embarque dans la réflexion, plutôt que de lui imposer des carcans, et que l’on reste raisonnable dans les exigences », souligne-t-il.

Alexandra Frutos