Carlos Tavares écarte la possibilité d'ouvrir de nouvelles usines en Europe « dans les prochaines années »

« PSA n'est pas du tout en situation de créer de nouvelles usines dans les prochaines années » en Europe, a déclaré le 3 avril le nouveau président du directoire du constructeur, Carlos Tavares, devant des journalistes à Lisbonne. « Nous avons déjà des surcapacités et devons accélérer l'amélioration de l'efficacité de nos usines », a-t-il ajouté.

Interrogé sur les perspectives de l'usine de PSA au Portugal située à Mangualde, il a indiqué que son avenir dépendrait de ses « résultats et performances ». « L'avenir de l’industrie automobile au Portugal passera par l'exportation », a-t-il relevé. L'usine de Mangualde, qui a fabriqué l'an dernier 56 713 véhicules utilitaires, des Citroën Berlingo et des Peugeot Partner, exporte 95 % de sa production, notamment vers l’Espagne, la France et le Royaume-Uni.

La taille du marché automobile au Portugal est très limitée : 126 684 véhicules y ont été vendus l'an dernier, en hausse de 11,7 %. Selon les estimations de M. Tavares, les ventes de l'ensemble des constructeurs devraient atteindre environ 150 000 unités cette année, en progression de 20 %. Le marché portugais de l'automobile est loin d'avoir retrouvé son niveau d'avant la crise. Après avoir atteint un pic de 420 000 voitures en 2000, les ventes de véhicules franchissaient régulièrement la barre des 270 000 unités avant 2010.

« Nous avons l'ambition de devenir le premier groupe automobile au Portugal », a en outre déclaré le patron de PSA. Le groupe est actuellement numéro deux au Portugal, avec une part de marché d'environ 16 %, derrière Volkswagen. M. Tavares a par ailleurs critiqué le coût élevé de l'énergie électrique au Portugal, estimant qu'il était « 40 % supérieur aux tarifs en France », ce qui pèse sur la compétitivité des entreprises. « C'est très pénalisant, car pour fabriquer une voiture, la consommation d'énergie est très élevée », a-t-il souligné, avant d'aborder ce sujet lors d'une rencontre avec le secrétaire d'Etat aux Transports Sergio Monteiro. (AFP 3/4/14)

Alexandra Frutos