Carlos Tavares défend le diesel à l’Assemblée nationale

A partir du 1er janvier 2020, les véhicules particuliers neufs vendus dans l'Union européenne devront émettre au maximum 95 grammes de CO2 par kilomètre, au lieu de 130 g/km en 2015, a expliqué le président de PSA Peugeot Citroën Carlos Tavares, lors d'une audition conjointe de la Commission des affaires économiques et de celle du Développement durable et de l'aménagement du territoire, qui s’est tenue le 15 avril. Le dirigeant a prévenu qu'un tel objectif ne pourrait pas être atteint en comptant seulement sur les voitures électriques. « Nous n'avons pas de problème avec le développement des véhicules électriques, parce que nous en vendons, mais nous voyons bien que pour faire 95 grammes en 2020, il va falloir continuer à diffuser dans des proportions importantes du véhicule diesel », a-t-il souligné.

Depuis le début de l'année en France, les voitures particulières à moteur diesel, l'une des spécialités historiques de PSA, ont chuté sous les 60 % de part de marché des voitures neuves en France, sur fond de débat quant à la nocivité des véhicules roulant au gazole et d'annonces de la maire de Paris Anne Hidalgo visant à limiter la circulation des vieux modèles diesel dans la capitale.

M. Tavares a rappelé que le diesel respectant les actuelles normes Euro-6 était aussi « propre » qu'un moteur à essence et qu’il émettait même moins de CO2 grâce à l'efficacité énergétique supérieure du gazole.

Alors que le gouvernement vient de lancer un « superbonus » portant à 10 000 euros l'aide à l'achat d'un véhicule électrique pour ceux qui se débarrasseraient d'un vieux modèle diesel, M. Tavares a souligné que « les Etats ne vont pas pouvoir soutenir économiquement très longtemps ce qu'ils sont en train de faire actuellement » pour la mobilité électrique. En outre, « il faut donner le temps aux techniciens pour résoudre les verrous qui existent encore » sur ce genre de véhicule, en particulier une autonomie toujours limitée, selon lui.

Sur l'autre volet des émissions des moteurs diesel, les particules fines, M. Tavares a mis en garde contre une attitude « absolutiste » dans ce domaine. « En matière d'émissions de particules, les transports représentent 17 % du total », a-t-il fait valoir, en appelant à « traiter le problème dans sa globalité ». (AFP 15/4/15, CORRESPONDANCE ECONOMIQUE 16/4/15)

Alexandra Frutos