Carlos Ghosn satisfait du partenariat entre Renault et le Maroc

Dans un entretien accordé à L’ECONOMISTE (13/11/14), le président de Renault Carlos Ghosn explique que le partenariat avec le Maroc « marche très bien ». « On peut le constater à travers le montant des investissements réalisés par Renault, mais aussi à travers le développement de l’usine de Casablanca. Aujourd’hui, ce partenariat permet l’emploi de plus de 6 000 personnes, et va continuer ? croyez-moi ? à croître puisque la volonté d’augmenter la production continue. Les relations avec les autorités marocaines sont très bonnes. Nous avons le sentiment qu’elles ont envie que nous réussissions et nous, de notre part, nous savons que la réussite du Maroc va rendre Renault, et particulièrement l’unité de Renault à Tanger, beaucoup plus forte. Donc il y a quelque part une grande convergence d’intérêts et la volonté de se renforcer l’un et l’autre », souligne-t-il.

« Je n’ai aucun doute sur le fait que les capacités installées à Tanger seront pleinement utilisées à l’avenir. Il est vrai que cela a mis un peu plus de temps que celui prévu au départ compte tenu de la crise économique qu’a traversé l’Europe. Et bien évidemment, ce ralentissement a eu des conséquences sur la productivité de l’usine à Tanger. Ceci dit, nous sommes maintenant dans une phase de récupération du marché européen, et je n’ai donc aucun souci concernant l’évolution de la croissance à Tanger », ajoute le dirigeant.
M. Ghosn indique par ailleurs que les développements de Renault-Nissan au Maroc ne sont pas encore terminés et qu’à l’avenir, il y aura encore des projets, notamment sur le plan des sites de production. « Je n’ai aucun doute que Nissan, à un moment déterminé, se joindra à Renault dans le cadre du site de Tanger. Le timing n’est pas encore défini puisqu’il dépend aussi de la rapidité avec laquelle le marché européen va commencer à croître. Mais je vous rassure, dans l’ensemble, Renault-Nissan est très intéressée par le développement d’activités de montages et pousse actuellement des fournisseurs à s’installer autour des sites au Maroc », déclare-t-il.

Enfin, M. Ghosn explique que « le monde arabe est un marché de 350 millions de personnes » et qu’à son avis, « il est encore très en dessous de son potentiel ». « Renault-Nissan souhaite prendre part au développement de ce marché, notamment dans le secteur automobile. On y contribue en construisant des usines, puisque nous sommes l’un des groupes les plus représentés dans le monde arabe, avec deux usines au Maroc, une autre en Egypte et une dernière unité qui vient tout juste d’être inaugurée en Algérie. En tant que groupe, nous voulons aussi contribuer au développement de la société civile. Il s’agit de participer notamment à des événements comme les Takreem Awards, dans lesquels nous appuyons des initiatives qui consistent à sélectionner et à mettre en valeur les succès individuels ou collectifs, dans l’économie, les arts ou les actions sociales. Le but est que les jeunes du monde arabe aient devant eux quelques exemples vivants de succès, qu’ils aient envie de suivre », indique-t-il.

Alexandra Frutos