Carlos Ghosn réaffirme sa confiance dans le développement du véhicule électrique

Ce week-end, lors d’une intervention à la « Cité de la Réussite », qui s’est tenue à la Sorbonne, le président de Renault et Nissan Carlos Ghosn a réaffirmé que le développement du véhicule électrique était inéluctable. « Je continue de penser que véhicule électrique fait partie du développement de l'industrie automobile en général », a-t-il souligné. « Le principal moteur de ce développement est la Chine », a-t-il rappelé, dans un pays où le niveau d'émissions de CO2 devient « politiquement problématique », alors même qu'en Chine le taux d'équipement est encore 5 fois inférieur à ce que l'on connait en Europe avec moins de 100 voitures, pour 1000 habitants contre 500 en Europe, a ajouté le dirigeant.

Même si les ventes de modèles électriques démarrent doucement, le gouvernement chinois reste sur un objectif de 5 millions de véhicules électriques et maintient la pression sur les constructeurs en leur imposant la fabrication de véhicules électriques ou hybrides rechargeables. « L'acceptation du projet de Renault en Chine a été soumis à la condition qu'il prévoie l'assemblage de véhicules électriques », a rappelé M. Ghosn. Aux Etats-Unis également, les normes prévues pour 2022-2023 seront impossibles à respecter sans 20 % de véhicules zéro émission, a-t-il souligné.

M. Ghosn estime que la problématique de recharge est le principal frein au développement de ce marché, qui est soumis en quelque sorte au volontarisme des élus. Aux Etats-Unis, un tiers des ventes de la Leaf se font à Atlanta, « parce que le maire et les pouvoirs publics y croient et remplissent toutes les conditions », a-t-il noté.

Et si les Etats, partout dans le monde, payent pour que les consommateurs puissent acheter des véhicules électriques, ce n’est pas pour répondre à la demande des constructeurs : « C'est l'intérêt commun. Nous faisons du lobbying, mais nous ne sommes pas si puissants. Les pouvoirs publics sont des alliés objectifs pour baisser les émissions de CO2 et limiter la dépendance au pétrole », a déclaré M. Ghosn. Le problème des émissions de CO2 est, d’après lui, le problème numéro un pour les prochaines générations. « Je ne vois pas comment on pourra assurer la mobilité sur la planète avec les technologies d’aujourd’hui », a déclaré le dirigeant.

« Ce n'est pas linéaire et il faudra être patient. J'insiste pour que Renault et Nissan soient toujours en tête », a indiqué M. Ghosn, qui veut que les marques Renault et Nissan soient associées au véhicule électrique comme Toyota est associé à l'hybride. La multiplication de l'offre serait un autre signe de la pertinence de ce choix. « En 2007 personne n'était là. Ils y sont tous aujourd'hui », s’est-il félicité, mentionnant notamment les groupes Volkswagen et Ford.

Le président de Renault et de Nissan prévoit donc un avenir positif pour le véhicule électrique, alors que les investissements ont été faits. « Nous avons passé tous les investissements pour le véhicule électrique dans les comptes d'exploitation », a-t-il précisé.

La stratégie du constructeur de miser sur le véhicule électrique sera confortée par les progrès technologiques des batteries, dont l'autonomie sera multipliée par deux « sur un horizon pas très lointain », a par ailleurs annoncé M. Ghosn. (AUTOACTU.COM 10/11/14)

Alexandra Frutos