Carlos Ghosn estime que Renault et Nissan ne sont pas prêts pour une fusion

Le président de Renault et Nissan Carlos Ghosn a jugé le 14 décembre que les deux constructeurs d'automobiles n'étaient « pas prêts pour une fusion », sans pour autant exclure totalement une telle possibilité à long terme. « Je sais que le marché veut une fusion, mais il a sa propre logique et nous avons la nôtre », a déclaré M. Ghosn lors d'une table ronde organisée avec la presse au siège de Nissan, à Yokohama. « L'idée d'une fusion était déjà apparue en 1999 », quand est née l'Alliance, a-t-il rappelé. « C'est une décision facile à prendre, mais pas à exécuter, je ne pense pas que nous soyons prêts aujourd'hui [...], nous avons besoin de beaucoup plus de convergences pour imaginer un jour éventuellement une fusion », a-t-il ajouté.

« Nous n'excluons pas que peut-être un jour elle fera sens, mais nous avons encore beaucoup de choses à faire », a poursuivi le dirigeant, promettant de nouvelles synergies entre les deux groupes en 2016.

Revendiquant « une approche très pragmatique, sans tabou », M. Ghosn a évoqué les « peurs d'une Nissan-isation de Renault, et d'une Renault-isation de Nissan ». « Si [la fusion] est source d'inquiétudes, et non d'espoir, [...] quand vous sentez des résistances », c'est que le moment n'est pas venu, a-t-il déclaré.

Interrogé sur son avenir, le président a affiché ses ambitions. « Tant que j'ai la confiance des actionnaires, je continuerai à diriger l'Alliance », a-t-il affirmé. « Un PDG supervisant deux compagnies est quelque chose d'assez unique, c'est pourquoi il est fort probable qu'à l'avenir ce système ne perdurera pas. Il y aura un PDG pour Nissan et un autre pour Renault, et je préfèrerais que mon successeur [chez Nissan] soit japonais », a-t-il conclu. (AFP 15/12/15)

Alexandra Frutos