Carlos Ghosn estime qu'il y aura un impact important pour Renault si la situation en Russie se détériore

Carlos Ghosn, président de Renault, a indiqué que le constructeur ne ressentait pas encore de "gêne particulière" en Russie, où le marché automobile s'effondre sur fond de conflit en Ukraine, mais a évoqué un impact "important" si la situation se détériorait encore.

Interrogé par les membres de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, M. Ghosn a reconnu que Renault possédait des "enjeux majeurs" sur le marché russe, le deuxième d'Europe après l'Allemagne.

Après un mois de juillet noir (- 22,9%), les ventes d'automobiles neuves en Russie ont continué à plonger en août (- 25,8%), dans le contexte de la crise ukrainienne et des sanctions économiques contre Moscou décrétées par les Etats-Unis et les pays de l'Union européenne. Ces sanctions ont fait plonger le rouble, poussant vers le haut les prix des véhicules importés. Face à l'incertitude économique, les consommateurs russes ont en outre retardé leurs grosses dépenses, d'autant que les taux d'intérêts augmentent.

Pour l'alliance Renault-Nissan, cette implosion du marché a coïncidé avec sa prise de contrôle, fin juin, d'Avtovaz, dont les ventes de Lada ont baissé de près d'un tiers en août. "Nous suivons de très près ce qui se passe en Russie parce que nous avons des enjeux majeurs. Renault est le premier constructeur étranger en Russie", a expliqué M. Ghosn aux députés. "Nous déplorons bien sûr la compression du marché russe alors que c'est un marché qui a un potentiel beaucoup plus important que ce que nous voyons aujourd'hui", a-t-il ajouté. Mais "pour l'instant, je dirais qu'il n'y a pas de gêne particulière à nos activités, nous continuons nos activités en Russie, sans contraintes".

M. Ghosn a aussi assuré que "la Russie demeure un pôle de rentabilité très important pour Renault même si cette profitabilité a baissé compte tenu de la récession". (AFP 10/9/14)

Juliette Rodrigues