Bercy officialise la réforme du soutien à la filière automobile

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a officialisé le 15 décembre la réforme du FMEA (Fonds de modernisation des équipementiers automobiles), qui devient le FAA (Fonds d'avenir automobile), doté d'un solde de capacité d'investissement de 230 millions d'euros. Avec une « gouvernance simplifiée », le FAA « a pour objectif de faire émerger les fournisseurs leaders qui irrigueront l'activité et l'emploi dans les territoires », a précisé Bercy dans un communiqué, à l'issue d'une réunion plénière du Comité stratégique de la filière automobile présidée par M. Macron. De même source, outre sa capacité d'investissement de 230 millions d'euros en fonds propres, reliquat du FMEA, « l'action du FAA sera complétée par la mise en place de prêts de développement Avenir Automobile dédiés aux PME et entreprises de taille intermédiaire du secteur pour un montant d'environ 100 millions d'euros ».

L'objectif de la réunion de lundi était de « partager le bilan de la mise en ?uvre du contrat de filière » signé en 2012 et d'en « valider la phase 2 pour la période 2015-2017 », alors que la reprise de l'activité du secteur automobile est « encore fragile » six ans après le début de la crise, selon le ministère.

Créé en 2009, en pleine crise, le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA) que remplace donc le FAA était initialement doté de 650 millions d'euros : PSA Peugeot Citroën, Renault et Bpifrance y ont contribué à hauteur de 600 millions et de grands équipementiers automobiles pour les 50 millions restants. Il avait vocation à aider les entreprises du secteur ayant souffert pendant la crise et à encourager la consolidation. Evolution par rapport au FMEA, la feuille de route du FAA sera également orientée vers l'innovation et l'international, avec un horizon à 15 ans, toujours pour servir la préservation de l'emploi en France, indique-t-on chez Bpifrance.

M. Macron a par ailleurs officialisé hier la création d'une « task force » de quatre spécialistes dont la tâche sera de renforcer les moyens de consolidation de la filière, en centralisant notamment « les informations des constructeurs et des grands équipementiers sur leurs sous-traitants » principaux. Il s'agira « d'anticiper les évolutions stratégiques d'un secteur où la France possède des positions fortes et identifier les futurs champions français de la sous-traitance de manière plus efficace », a expliqué Bercy. (AFP 15/12/14, ECHOS 16/12/14)

Alexandra Frutos