AvtoVAZ pense à produire plus de pièces en interne face aux monopoles et à la corruption

Avtovaz pourrait réintégrer une partie de la production qu'il sous-traite actuellement afin de lutter contre la corruption dans sa chaîne d'approvisionnement et mieux maîtriser ses coûts, ont déclaré cette semaine de hauts dirigeants du constructeur automobile russe.

Le groupe envisage d'investir dans la fabrication de composants, tels que des sièges ou les petites pièces métalliques, qu'il achète pour l'instant à des fournisseurs extérieurs, a déclaré son directeur financier, Evgueni Belinine. "Nous avons les bâtiments et, dans certains cas, les équipements", a-t-il indiqué. "Ça n'est donc pas comme si on partait de zéro".

Déficitaire, Avtovaz cherche à réduire ses coûts d'approvisionnement de 2 % cette année en dépit de l'inflation. Ses achats représentent 140 milliards de roubles (2,9 milliards d'euros) par an, soit 56 % de son chiffre d'affaires, ce qui en fait son premier poste de dépenses. Bo Andersson, président d'AvtoVAZ, souhaite ramener ce ratio au niveau de ceux de Renault et Nissan.

Pour ce faire, le groupe exige désormais "100 % de transparence sur les coûts" à des fournisseurs russes. Evgueni Belinine a expliqué que 15 % à 20 % des achats ne faisaient toujours pas l'objet d'appels d'offres et que certaines procédures concurrentielles étaient faussées par les fournisseurs qui se concertent.

Certains gros contrats sont par ailleurs attribués au seul fournisseur existant, ce qui se traduit par un coût d'achat deux fois supérieur au prix mondial pour des composants clés.
La réintégration de la production de ces composants pourrait toutefois être incompatible avec les objectifs financiers d'Avtovaz. "Je pense que cela représenterait un défi de taille et un investissement non négligeable", a ainsi déclaré un responsable de Renault-Nissan. (REUTERS 29/8/14, AUTOMOTIVE NEWS EUROPE 30/8/14)

Juliette Rodrigues