Avec ses implantations au Maroc et en Algérie, Renault étend son influence dans le monde arabe

Grâce aux investissements stratégiques réalisés depuis quelques années au Maroc, en Egypte et plus récemment en Algérie, Renault étend son influence dans le monde arabe. Le président du constructeur Carlos Ghosn explique que « le monde arabe est un marché de 350 millions de personnes » et qu’à son avis, « il est encore très en dessous de son potentiel ». « Renault-Nissan souhaite prendre part au développement de ce marché, notamment dans le secteur automobile. On y contribue en construisant des usines, puisque nous sommes l’un des groupes les plus représentés dans le monde arabe, avec deux usines au Maroc, une autre en Egypte et une dernière unité qui vient tout juste d’être inaugurée en Algérie. Le dirigeant est particulièrement satisfait du partenariat avec le Maroc, qui « marche très bien ». « On peut le constater à travers le montant des investissements réalisés par Renault, mais aussi à travers le développement de l’usine de Casablanca. Aujourd’hui, ce partenariat permet l’emploi de plus de 6 000 personnes, et va continuer ? croyez-moi ? à croître puisque la volonté d’augmenter la production continue. Les relations avec les autorités marocaines sont très bonnes. Nous avons le sentiment qu’elles ont envie que nous réussissions et nous, de notre part, nous savons que la réussite du Maroc va rendre Renault, et particulièrement l’unité de Renault à Tanger, beaucoup plus forte. Donc il y a quelque part une grande convergence d’intérêts et la volonté de se renforcer l’un et l’autre », souligne-t-il.

M. Ghosn indique par ailleurs que les développements de Renault et de son allié Nissan au Maroc ne sont pas encore terminés et qu’à l’avenir, il y aura encore des projets, notamment sur le plan des sites de production. « Je n’ai aucun doute que Nissan, à un moment déterminé, se joindra à Renault dans le cadre du site de Tanger. Le timing n’est pas encore défini puisqu’il dépend aussi de la rapidité avec laquelle le marché européen va commencer à croître. Mais je vous rassure, dans l’ensemble, Renault-Nissan est très intéressée par le développement d’activités de montages et pousse actuellement des fournisseurs à s’installer autour des sites au Maroc », déclare-t-il.

De son côté, le président de Renault Algérie Production Bernard Sonilhac explique que, même si « pour l’instant, l'exportation n'est pas à l’ordre du jour », l’Algérie « pourrait constituer une bonne porte d’entrée pour atteindre l’Afrique subsaharienne ». « Même s’il connaît cette année un léger repli, [le marché algérien] pourrait devenir le premier d'Afrique. En 2013, Renault a écoulé sur place, toutes marques confondues, 58 000 véhicules, soit une hausse de 4 % par rapport à l'année précédente. Les ventes globales ont été en Algérie de 350 000 unités en 2013. Ce chiffre pourrait passer à moyen terme à 500 000 », indique le dirigeant. « L'activité est dynamique dans le secteur car le taux d’équipement n’est sur place que de 100 véhicules pour 1 000 habitants, contre 600 pour 1 000 en Europe. L'âge moyen de ces véhicules est de 16 ans en moyenne, contre 8 en France : le taux de renouvellement va être fort dans les prochaines années. Renault est aujourd’hui leader en Algérie, avec 26 % de parts de marché, nous voulons renforcer cette position dominante et atteindre les 30 % », ajoute-t-il.

Alexandra Frutos