Avec Movin'On, Michelin imagine la mobilité urbaine de demain

Michelin a présenté lors de son sommet mondial sur la mobilité durable Movin’On, qui s’est achevé le 15 juin à Montréal, un concept de roue futuriste pour remplacer les pneus. Le « Vision » - c’est son nom - utilise le procédé d’impression 3D pour créer une pièce qui viendrait remplacer jante et gomme en un seul bloc. La structure alvéolaire devrait être capable de supporter le poids du véhicule. Il serait d’ailleurs plus approprié de parler de roue du futur. Ne renfermant pas d’air à l’intérieur, il est en effet difficile de parler de pneumatiques. Sans air, toutes les contraintes de gestion de la pression, et les risques d’éclatement ou de crevaison s’effaceraient avec le concept Vision.

A l’occasion de ce sommet, que Michelin imagine en « Davos de la mobilité », plus de 4 000 participants issus de 31 pays se sont réunis pour imaginer la mobilité urbaine de demain. De nombreuses start-ups qui travaillent sur l'intelligence artificielle, la pile à combustible ou le vélo électrique étaient présentes, tout comme des sociétés technologiques ou de grands groupes industriels venus en masse. Cet évènement existe depuis près de vingt ans, mais il était jusqu’à peu connu sous le nom de Challenge Bibendum.

A l'occasion de la première journée de la réunion think-tank « Movin'On by Michelin », le président du manufacturier français Jean-Dominique Senard a déclaré au Journalauto.com que Movin'On devait « devenir l'évènement annuel de référence sur l'avenir des transports, des mobilités » et que, pour ce faire il devait encore s'étoffer. « Michelin est pleinement dans son rôle, à la fois fédérateur et stimulateur, mais conscient qu'il ne peut pas tout faire tout seul », a-t-il souligné.

Le concept de pneu dévoilé lors du sommet « n'est pas une figure de style gratuite, mais se veut une synthèse des éléments clés de notre R&D. Travail avec l'impression 3D, travail sur les matériaux, travail sur la durabilité, travail pour répondre directement aux besoins exprimés par les clients, etc., tout y est. Ce n'est pas un exercice de science-fiction, mais je ne peux pas non plus vous dire s'il sera une réalité industrielle et commerciale dans dix, quinze ou vingt ans », a expliqué le dirigeant. « Nous sommes très intéressés par les solutions technologiques liées à l'hydrogène. Nous avons déjà capitalisé un savoir-faire important sur ces technologies et nous allons aller plus loin, assurément », a-t-il ajouté.

Alexandra Frutos