Aliapur a enregistré un record de collecte de pneumatiques en 2014

Aliapur a enregistré l'an dernier un record de collecte. L'organisme de collecte des pneumatiques usagés, qui représente environ 85 % du marché de la collecte de pneus usagés, a en effet ramassé l'an dernier 41,5 millions de pneus tourisme, soit 314 505 tonnes. « Il s'agit d'un record depuis la mise en place de la filière en 2004 », s'est félicité Eric Fabiew, qui a dirigé l'entreprise jusqu'au 31 décembre dernier, date de son départ à la retraite.

Ces volumes représentent une hausse de 0,79 % par rapport au tonnage commandé initialement par les 331 clients d'Aliapur (manufacturiers, distributeurs, sites Internet). Parmi ces différents pneumatiques, 16,5 % ont été réutilisés directement ou rechapés, 29,6 % ont fait l'objet d'une valorisation matière (granulat) et 53,6 % d'une valorisation énergétique. Si le granulat reste une filière de valorisation subventionnée par Aliapur (il est vendu 140 euros la tonne, alors qu'il devrait l'être à 200 euros la tonne pour que la filière soit à l'équilibre), les autres voies de valorisation ont permis à Aliapur de diminuer le coût de la contribution par pneumatique. Il est passé de 1,35 euro à 1,25 euro. Son chiffre d'affaires a ainsi légèrement fléchi, à 53,5 millions d'euros, pour un résultat net de 711 000 euros. « En dix ans, la contribution a baissé de 50 %, conformément à l'objectif que nous nous étions fixé. Si nous ne trouvons pas de nouveaux débouchés pour le granulat, nous ne pourrons pas diminuer beaucoup plus la contribution », a souligné M. Fabiew.

Trouver de nouveaux débouchés est d'ailleurs l'un des défis que s'est fixé le nouveau dirigeant d'Aliapur, Hervé Domas. « Nous pensons qu'il existe des secteurs pour lesquels le granulat apporterait une réponse intéressante, comme le BTP, où son utilisation dans les cloisons peut permettre de réduire le bruit. Des discussions sont d'ailleurs en cours dans ce sens avec de gros acteurs du marché », a-t-il indiqué. Les enrobés pourraient également être utilisés pour le revêtement routier, comme c'est déjà le cas en Amérique du Nord notamment. « Nous devons faire là un véritable travail d'information et de communication sur les avantages du caoutchouc. Ces enrobés permettent de gagner 3 à 5 décibels et offrent une longévité équivalente voire meilleure que les enrobés issus des produits pétroliers », a-t-il encore souligné. M. Domas entend également trouver de nouveaux débouchés pour la valorisation énergétique, notamment en France, et sortir le pneu réutilisé du statut de déchet. « Nous en discutons avec le ministère de l'Environnement et la collaboration est fructueuse. Nous sommes optimistes quant à l'avancée positive de ce dossier », a déclaré le dirigeant. (AUTOACTU.COM 22/4/15)

Alexandra Frutos