Alfa Romeo : une renaissance incertaine

La nouvelle berline Alfa Romeo, qui a été lancée en Italie le 24 juin, marque le renouveau d’Alfa Romeo et ses 105 ans d’histoire. Dotée d'un moteur V6 dérivé d’un organe Ferrari, elle est la première des huit nouveautés prévues par Alfa d’ici à 2018 pour relancer la marque. Elle sera également distribuée aux Etats-Unis début 2016, où elle concurrencera les BMW Série 3, Audi A4 et Mercedes Classe C notamment. Autre évènement pour la relance d'Alfa Romeo, la réouverture du Musée Alfa Romeo d’Arese, fermé depuis quatre ans. Entièrement rénové, il offre aux yeux des admirateurs de la marque une collection de 110 voitures, pièces uniques, de série ou prototypes.

Une deuxième nouveauté suivra au dernier trimestre de 2016 ou début 2017, un SUV de taille intermédiaire qui fera face, quant à lui, à des modèles tels que le BMW X5. Le SUV (nom de code Projet 949) sera fabriqué à Cassino, près de Rome, où est également assemblée la Giulia. La gamme sera ensuite enrichie tous les six ou neuf mois jusqu’en 2018 (devraient notamment en faire partie une grande berline, un autre SUV et deux remplaçantes de la Giuletta). L’objectif d’Alfa Romeo est de porter ses ventes à 400 000 unités par an, dont 150 000 seront générées par le marché nord-américain. Les ventes d’Alfa Romeo sont passées sous la barre des 100 000 unités annuelles l'an passé (68 000), niveau le plus bas depuis les années 1960.

Sergio Marchionne, administrateur délégué de Fiat Chrysler, a indiqué que la Giulia repositionnait la marque sur son véritable marché, celui des Premium. ?Alfa Romeo doit devenir l’une des principales marques Premium?, a-t-il insisté lors de la présentation du véhicule le 24 juin. M. Marchionne a souligné que le marché des flottes serait aussi l’une des cibles de la Giulia.

La croissance des ventes ne pourra sans doute se faire qu’avec une présence accrue sur les marchés américain et chinois, ces derniers étant de ?gros’ consommateurs de véhicules Premium, estime le Journal de l'Automobile. ?Nous pensons que cet objectif reflète la force de la marque Alfa Romeo, a toutefois souligné Sergio Marchionne. Il convient en outre de ne pas oublier que la marque Jeep a enregistré des records ces trois dernières années pour dépasser le million d’unités vendues sur 2014?, a-t-il rappelé.

Si Alfa Romeo retrouvait très rapidement des couleurs, FCA pourrait sceller plus aisément une alliance avec un constructeur, ambition que le patron de FCA a répété à maintes reprises. Mais pour le cabinet de recherche et de conseil IHS, il n’y a aucun doute possible, Alfa Romeo ne parviendra pas à afficher les 400 000 ventes en 2018. ?La marque n’est pas connue des consommateurs américains et elle n’y a pas de réseau de distribution exclusif?, indique IHS. Le cabinet estime en outre que la relance d’une marque prend aisément de quinze à vingt ans. IHS estime qu’Alfa Romeo enregistrera ?seulement? 215 000 ventes en 2018. ?L’Europe restera son principal marché dans les cinq prochaines années", ajoute IHS. "La région devrait représenter 57 % des ventes de la marque en 2020?. La contribution du continent nord-américain devrait être pour sa part de 25 % à cette même date.

Juliette Rodrigues