Affaire VW : des salariés de Porsche à leur tour soupçonnés

Le parquet de Stuttgart a annoncé qu’il soupçonnait des salariés de Porsche dans l’affaire des moteurs truqués. Jusqu’à présent, la marque sportive était relativement épargnée par le scandale. Seule la holding Porsche SE était pour l'instant sous le coup d'une enquête. Le parquet a « entamé une procédure d'enquête à l'encontre de salariés non identifiés de Porsche et de sa filiale américaine, dans le cadre d’une possible manipulation d'émissions de gaz sur des véhicules diesel », précise un communiqué. Les salariés de Porsche seraient soupçonnés de fraude et de publicité mensongère. Porsche a déclaré prendre au sérieux ces soupçons formulés par le parquet et veut « tout faire pour clarifier l'affaire de la façon la plus complète et la plus rapide possible ».Porsche ne fabrique pas lui-même ses moteurs diesel, mais les achète à Audi. La marque aux anneaux est d'ailleurs sous le coup d'une enquête séparée au tribunal de Munich, afin de déterminer son rôle dans la fabrication moteurs diesel de 3 litres affectés par les manipulations des niveaux d'émissions.En Allemagne, 37 personnes font actuellement l'objet d'une enquête en lien avec le scandale des moteurs truqués et le nombre de plaintes déposées par des actionnaires ou des propriétaires de modèle Volkswagen, Audi ou Porsche ne cesse de croître. Par ailleurs, bien qu'un récemment témoignage incrimine l'ancien président de Volkswagen, Martin Winterkorn (cf. analyse de presse du 10/7/17), il ne devrait pas faire l'objet d'un mandat d'arrêt. En outre, la fondation Stichting Volkswagen Car Claim (qui représente quelque 180 000 propriétaires de modèles affectés par le scandale des moteurs truqués) veut s'atteler à démontrer que plus d'un millier de salariés de Volkswagen étaient au courant des manipulations, et pas seulement une poignées d'ingénieurs, ce qu'assure Volkswagen. (AFP, REUTERS, AUTOMOBILWOCHE, HANDELSBLATT, SPIEGEL, SÜDDEUTSCHE ZEITUNG, AUTOBILD 10/7/17)

Cindy Lavrut