26 % de la production automobile européenne est partie à l'export en 2014

La production automobile européenne connait un rebond. Cette reprise est liée à la reprise des ventes de voitures neuves en Europe, qui ont grimpé de 5,7 % en 2014, mais les usines européennes sont également tirées par les exportations, qui ont vu leur volume progresser de 4 % l’an dernier, d’après IHS. Au total, environ 4,3 millions de véhicules, soit 26 % de la production européenne (hors Turquie), ont été exportés en 2014. La part des exportations n'a pas cessé de grimper depuis des années : elle n'était que de 16 % en 2005, et de 22 % en 2011. Principal levier : l'essor du marché chinois, qui a représenté 14 % des débouchés européens, contre 1 % il y a dix ans.

Si les Etats-Unis ont mis en place de dissuasives barrières douanières, obligeant les constructeurs à localiser leur production, le rythme de la demande a été longtemps supérieur aux capacités locales. « Les constructeurs ont mis du temps avant de pouvoir alimenter pleinement le marché et ont continué à importer des modèles », souligne Denis Schemoul, d'IHS. A contrario, la part des Etats-Unis dans les exportations européennes a diminué, passant de 34 % il y a dix ans à 23 % aujourd'hui. Plus récemment, d'autres facteurs ont favorisé le « made in Europe », comme la négociation d'accords de compétitivité dans certains pays (Espagne, France, Grande-Bretagne) ou la baisse actuelle de l'euro.

Cette reprise pourrait cependant ralentir. Entre la nécessité d'échapper aux barrières douanières et la volonté de se préserver de la volatilité des taux de change particulièrement aiguë actuellement (Russie, Argentine, Inde, etc.), les industriels accélèrent l'implantation d'usines à l'étranger. C'est le cas des constructeurs allemands, chez qui la part du « made in Germany » est amenée à devenir minoritaire à partir de 2020, et qui accélèrent leur implantation en Chine, aux Etats-Unis et au Mexique. Reste quelques contre-exemples, comme Fiat Chrysler, qui, via la production de modèles Jeep en Italie et la relance de son haut de gamme, devrait gonfler les chiffres. Au final, IHS s'attend à ce que la part des exportations dans la production européenne atteigne 29 % en 2018, avant de se stabiliser. (ECHOS 6/2/15)

Alexandra Frutos