10 millions de ventes par an, le nouveau graal des constructeurs ? (2/2)

Des volumes de vente massifs doivent permettre aux constructeurs de mutualiser au mieux leurs coûts fixes, notamment en généralisant les plateformes modulaires sur lesquelles sont basés plusieurs modèles. D’après le Boston Consulting Group, 62 % des volumes totaux de Volkswagen reposent sur trois plateformes, tandis que le ratio est déjà de 67 % chez Hyundai. Cela doit permettre aux constructeurs d’optimiser l’ensemble de leurs budgets (recherche et développement, ingénierie, industrialisation, achats, etc.) tout en élargissant leur gamme de véhicules.

Le tout est de parvenir à faire jouer les synergies, en assemblant des véhicules sur les mêmes lignes, en achetant un maximum de composants en commun et en réalisant des économies d’échelle à la fois sur la production et sur la R&D. Il faut aussi surmonter l’obstacle des particularismes régionaux (normes environnementales différentes selon les régions du monde, processus d’homologation qui diffèrent faute d’accords de libre-échange, etc.), qui entrave la conception d’un véhicule vraiment mondial.

L’équation est difficile à résoudre, en témoigne l’échec cuisant de la fusion entre Daimler et Chrysler il y a quelques années. Cet échec révèle bien les écueils de la course à la taille qu’on engagée les constructeurs. La mutualisation de la production de deux constructeurs qui décident de s’allier nécessite par exemple de synchroniser leurs plans produits, ce qui peut prendre une dizaine d’années. Mais quelles que soient les difficultés rencontrées, il ne semble pas qu’un retour en arrière soit possible pour les constructeurs généralistes, voués à produire de grands volumes générateurs de bénéfices tout en satisfaisant des clientèles disparates à travers le monde.

Alexandra Frutos