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Le Japon a fait resurgir la guerre des monnaies

Publié le 5/03/2013

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Le Japon a réveillé le spectre d’une nouvelle "guerre des monnaies", en ordonnant à sa Banque centrale (BoJ) de prendre des mesures drastiques pour mettre fin aux deux maux dont souffre l’économie japonaise : une baisse continue des prix qui bride l’activité intérieure, et la cherté du yen qui pénalise les entreprises à l’exportation. La BoJ, statutairement indépendante, a cédé à la pression du gouvernement en adoptant un objectif d’inflation de 2 % et en annonçant la mise en place, dès 2014, d’une politique d’achats d’actifs financiers d’une durée indéterminée pour 145 milliards de dollars par mois, le but étant d’inonder le marché de liquidités. Le nouveau gouvernement japonais, nommé le 26 décembre dernier, entend ainsi clairement dévaluer le yen et donner de l’oxygène à l’économie japonaise. M. Shinzo Abe, nouveau Premier Ministre japonais, est accusé d’être le grand fauteur de guerre ; cet ajustement brutal de la devise japonaise a pris à froid les autres membres du G20 et notamment les concurrents du Japon sur les marchés mondiaux.

Sans surprise, l’Allemagne, l’un des premiers exportateurs mondiaux, a été une des premières à monter au créneau. Le Ministre des Finances Wolfgang Schauble a déclaré "se faire beaucoup de souci en raison de la stratégie japonaise" et précisé que "les taux de changes ne doivent pas être manipulés". Plus sibyllin, mais tout aussi déterminé, le Président de la BCE, Mario Draghi, a parlé d’une "décision bien peu coopérative". Paris, de son côté, tente depuis peu d’ouvrir un débat sur le niveau trop élevé de l’euro, qui renchérit ses exportations et risque de pénaliser ses efforts pour regagner en compétitivité. Enfin, les Américains ont demandé à Washington de réagir : ils trouvent déloyal d’être concurrencés par un simple effet de change. "On glisse de la guerre commerciale à la guerre des monnaies, qui peut être alimentée par une surenchère sans fin", déplorent-ils. De fait, si tout le monde se met à faire marcher la planche à billets, le vrai danger devient global, on redoute la formation de nouvelles bulles financières au-dessus de ces masses de capitaux flottants.

Le Japon, quant à lui, se défend de toute manipulation de sa monnaie : "Nous appliquons simplement des mesures vigoureuses pour vaincre la déflation et la récession", a expliqué le ministre japonais des Finances, Taro Aso. "Nos mesures ont été prises en accord avec la Banque centrale. Le yen s’est apprécié de 40 % face au dollar et de 50 % face au won sud-coréen. Comment pouvons-nous être compétitifs dans ces conditions ?", ont de leur côté souligné les chefs d’entreprise japonais. Carlos Ghosn, notamment, président de Nissan, déplore depuis de nombreux mois la vigueur du yen, "qui entrave la compétitivité des groupes japonais". "Il s’agit d’une tentative pour le ramener à un niveau normal", indique-t-il. Akio Toyoda, président de Toyota et de la JAMA (Association des constructeurs japonais), a lui aussi accueilli avec satisfaction les mesures du nouveau gouvernement : "La vigueur prolongée du yen a gravement affecté l’industrie automobile japonaise, et un redressement de la production prendra beaucoup de temps. Nous espérons que le gouvernement se montrera déterminé à rattraper les deux dernières décennies en poursuivant ses plans de croissance à moyen et long termes", a déclaré M. Toyoda.

A court terme, la dévaluation de la monnaie japonaise va créer de sérieux remous dans l’industrie. Les parts de marché de Toyota, Nissan ou encore Honda, vont se redresser au détriment de leurs concurrents chinois, coréens et allemands. En outre, plusieurs pays comme la Chine, le Brésil ou la Corée, voudront répliquer à la dévaluation japonaise en faisant baisser à leur tour leur monnaie, ou bien en prenant des mesures protectionnistes. Ce qui ne ferait que gripper le commerce mondial et sérieusement envenimer les relations internationales. Les grand rivaux commerciaux du Japon (G7) ont d’ailleurs tenu à souligner, dans un communiqué, qu’ "ils s’abstiendraient "de procéder à des dévaluations compétitives" et qu’ "un changement de politique monétaire dans un pays a des conséquences sur les autres pays". "Il doit y avoir compétition entre les économies, pas entre les monnaies", poursuit le communiqué. L’engagement du G7 à refuser les dévaluations compétitives met implicitement le Japon en porte-à-faux. Jugeant exagéré d’évoquer une guerre des monnaies, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a salué "la bonne nouvelle" de voir le G7 répondre à la situation en empruntant la voie "de la coopération et non celle du conflit".

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