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France • PSA Peugeot Citroën Essence Diesel

Alexandra Frutos

Le Groupe PSA doit s’adapter au déclin des ventes de voitures diesel

Publié le 27/07/2017

Depuis quelques semaines, le Groupe PSA fait venir des petits moteurs à essence de Chine pour assembler des véhicules en France - où le constructeur ne dispose pas assez de capacités industrielles pour répondre à la demande croissante des clients voulant rouler au sans plomb plutôt qu’au gazole. Une grosse trentaine de blocs ont déjà été livrés, et quelque 55 000 doivent suivre d’ici à fin 2018, selon les prévisions de la direction. Il n’existe pas d’autre option immédiate pour pallier le manque de moteurs à essence en Europe. L’usine mécanique de Trnava, en Slovaquie, ne sera opérationnelle qu’en 2019 (comme celle de Kenitra, au Maroc). Et ses deux usines françaises de moteurs carburent. Douvrin, dans le Nord, tourne déjà avec trois équipes, y compris le week-end. Et à Trémery (Moselle), on s’organise pour transformer une des deux lignes diesel existantes en une ligne à essence turbo, mais l’ouverture de celle-ci est prévue pour le printemps 2018. C’est qu’il faut adapter les machines et changer les modes de fabrication.

« Le basculement est plus violent qu’anticipé. Mais le diesel n’est plus un fardeau spécifique à l’entreprise, nous sommes en ligne avec le marché et la fabrication s’adapte à ce nouveau monde », constate Carlos Tavares, président du Groupe PSA. De fait, chez PSA, la part du diesel dans les véhicules particuliers est de 46 % en ce moment, contre 45 % pour la moyenne du marché. Reste que, selon un rapport du cabinet Secafi présenté en juin aux syndicats du groupe et obtenu par « Les Echos », PSA « se retrouverait en difficulté en deçà de 40 % de motorisations diesel » dans ses ventes. Il y a la question de la capacité à répondre à l’envolée de la demande de véhicules à essence, celle de la diminution de la production de blocs diesel, mais aussi l’épée de Damoclès des objectifs d’émissions de CO2 de 2020 qui s’imposent au groupe, alors que le diesel est moins émetteur que l’essence. Or, le constructeur prévoit que la proportion du diesel se situera dans une fourchette comprise entre 33 % et 40 % des volumes européens en 2020, contre 60 % en 2016. A cet horizon-là, Secafi estime qu’il faudra assembler 1,5 million de moteurs en essence, à mettre en regard des 1,1 million de blocs produits cette année. Manque donc à l’appel quelque 400 000 unités.

« Tous les constructeurs européens étant dans la même situation, il n’y a pas de capacités à acheter », ajoute le document, qui juge que PSA figure parmi les groupes les plus « sous tension ». « De toute façon, les coopérations moteurs réclament des investissements et du temps, ce n’est pas une solution à court terme », tranche un spécialiste.

Cet état de fait, Yann Vincent, le patron industriel du groupe, ne le nie pas. « Plus la bascule est rapide, plus c’est difficile à gérer », concède-t-il, ajoutant « complètement saturer les capacités essence actuelle », avec des clients européens qui « passent du 1,5 litre diesel au 1,2 litre à essence turbo ». « Nous sommes encore à 57 % de diesel sur le semestre, mais il a perdu deux points en un an », relève Jean-Philippe Imparato, patron de la marque Peugeot. Chez DS, le gazole est même passé sous la barre des 50 % ces six derniers mois. Et chez Citroën, il ne pèse plus que 55 % des immatriculations françaises, en recul de 5 points sur un an.

Un autre problème pour PSA, c’est que la marge dégagée sur un modèle essence est plus faible que celle d’un diesel. C’est un « défi qui inquiète » Jean-Baptiste de Châtillon, directeur financier du groupe. « Mais nos équipes commerciales font le travail pour s’assurer que les clients essence achètent plus d’options », dit-il. Du côté des syndicats, on note que la direction semble « plutôt sereine », même si l’on craint des mesures politiques accélérant le déclin du diesel. « En fait, toutes les cartes seront rebattues avec l’arrivée d’Opel [racheté par le Groupe PSA cette année], qui compte 7 sites mécaniques en Europe. Les gars pensent plus à ça qu’au diesel », confie un représentant des salariés. (ECHOS 27/7/17)

Alexandra Frutos

Traductrice-Rédactrice Service Communication CCFA

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