Accueil :: Zoom économie de 15h30 :: La crise a eu raison des grands carrossiers italiens
Publié le 19/07/2012
L’art de la carrosserie semble naturellement associé à l’Italie, et il serait impensable de parler de l’Italie sans évoquer son automobile, celle qui offre du rêve, du panache et de l’esthétisme. Mais les designers et stylistes qui ont imaginé des pièces uniques, carrosseries spéciales ou concept cars, et qui ont connu leur heure de gloire dans les années d’après-guerre et jusqu’au début des années 2000, ont dû composer, depuis, avec un univers transfiguré : les constructeurs se passent très souvent de leurs services pour dessiner et produire des véhicules.
Ayant misé sur une industrialisation de plus en plus importante, les carrossiers on subit de plein fouet la mutation industrielle des chaines de montages à la fin des années 90 quand, grâce à une gestion informatique de plus en plus performante, les constructeurs sont parvenus à intégrer une plus grande diversité de modèles sur une même ligne de production. Ce qui, jusque là, nécessitait une disparité de petites chaines de montage indépendantes, peut maintenant se faire dans une seule et même usine. Les constructeurs généralistes ont progressivement pris en charge le développement et la fabrication de leurs modèles de niche dans leurs propres usines et mis un terme aux accords industriels passés avec les sous-traitants indépendants.
Peu à peu, tous les carrossiers italiens ont vu leur activité s’effondrer du fait de la crise automobile et des surcapacités européennes. En quelques années, ces « monuments de l’histoire du design italien », qui semblaient solidement ancrés dans le tissu industriel, se sont trouvés face à de graves difficultés financières. Ainsi, Giorgetto Giugiaro (studio Italdesign) est tombé dans l’escarcelle du groupe Volkswagen et Bertone a été partiellement repris par Fiat ; de son côté, Pininfarina tente de poursuivre son chemin seul, en recentrant son activité : il a annoncé l’arrêt de son activité de production de véhicules pour le compte de constructeurs et poursuivra en revanche ses activités de design, d’ingénierie et de R&D, notamment dans le domaine des véhicules électriques. Pininfarina avait évité la faillite en signant, fin 2008, un accord avec ses banques prévoyant la vente du groupe à terme ; il avait reconnu, l’été dernier, avoir des contacts avec plusieurs repreneurs potentiels, dont le groupe Bolloré, pour lequel il a assemblé la petite voiture électrique BlueCar (destinée à Autolib’). Il mène désormais sa restructuration de façon totalement autonome : son nouveau plan stratégique 2012-2018 prévoit une forte diminution de la taille de l’entreprise, avec une reprise parallèle de sa croissance et un apurement de sa dette. Pininfarina comptait, fin 2011, 770 employés, contre 4 450 en 2007.
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