Accueil :: Zoom économie de 15h30 :: L’Europe, un point noir pour Ford
Publié le 21/09/2012
Ford, qui contrairement à General Motors et de Chrysler a survécu sans aides publiques à la crise qui a durement frappé l’industrie automobile américaine à la fin des années 2000, a effectué un redressement spectaculaire sous la conduite d’Alan Mulally, son directeur général depuis septembre 2006. Ce dernier a mis en œuvre un plan de réduction drastique des coûts en Amérique du Nord, introduit la stratégie « One Ford » axée sur une approche mondiale, cédé les marques de haut de gamme européennes qui constituaient la division PAG et renforcé la présence de Ford sur les marchés émergents.
Le constructeur a renoué avec les bénéfices en 2009, après trois années consécutives de pertes. Son bénéfice net a quasiment triplé en 2010 (à 6,6 milliards de dollars) et triplé à nouveau en 2011 (à 20,2 milliards de dollars), alors que ses ventes de véhicules dans le monde progressaient de 7 %, à 5,7 millions d’unités. Depuis le début de l’année, les résultats financiers de Ford se sont toutefois détériorés. Son bénéfice net a été divisé par près de deux au premier trimestre, et il a diminué de plus de 50 % au deuxième trimestre, en raison notamment d’une lourde perte (404 millions de dollars) dans ses activités européennes.
Comme d’autres constructeurs, Ford est en effet à la peine en Europe, où la crise dans la zone euro a entraîné un net ralentissement des ventes de voitures et exacerbé le problème des surcapacités de production. Il est d’autant plus affecté que sa présence en Europe est forte. Sa division européenne emploie environ 66 000 personnes et compte 22 sites de production, ce qui représente le tiers environ de ses effectifs et de ses usines dans le monde. Le constructeur, qui se refuse à consentir de généreux rabais, accuse depuis le début de l’année un recul de ses ventes nettement supérieur à celui du marché européen et il prévoit plus d’un milliard de dollars de pertes dans la région en 2012. Dans ce contexte, Ford réduit sa production dans ses usines et prépare des mesures de restructuration pour sa filiale européenne. Selon certains experts, il pourrait décider de fermer au moins une usine d’assemblage en Europe, les sites de Southampton, au Royaume-Uni, et de Genk, en Belgique, semblant les plus menacés. Des analystes de Morgan Stanley et de IHS Automotive estimaient cet été que les usines européennes de Ford ne tournaient qu’à environ 65 % de leurs capacités.
Parallèlement à des mesures d’assainissement, Ford accélère l’introduction de ses nouveaux produits en Europe en vue d’accroître ses ventes et de profiter d’un rebond de la demande. Il a présenté début septembre une salve de nouveautés dans les segments des voitures, des tout-terrain de loisir et des utilitaires à 2 500 concessionnaires, salariés et journalistes à Amsterdam, soulignant à cette occasion qu’il continuait à investir pour l’avenir et que l’Europe offrait un potentiel de croissance rentable. « Le marché européen des voitures et des véhicules, Russie incluse, devrait augmenter de 20 % au cours des cinq prochaines années pour atteindre 23 millions d’unités », a déclaré Stephen Odell, président de Ford Europe.
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